L’intérieur du Château

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plafond salon d'Europe

Salon d’Europe

REZ-DE-CHAUSSÉE ET PREMIERS ÉTAGES

L’intérieur du château de Bonneval forme un riche écrin pour les œuvres d’architecture, art, meubles et garnitures qui évoquent les 1000 ans de la résidence familiale. Pour apprécier les détails de l’intérieur du château il est recommandé de suivre les visites régulièrement organisées. Sur rendez-vous, possibilité de faire la visite accompagné par le Marquis et la Marquise de Bonneval.

LE PORCHE D’ENTRÉE

L’entrée dans le château se fait par le porche d’entrée, auquel on accède par l’un des ponts-levis. Bien que cette pièce voutée soit petite et remplie de technologies militaires utilisées au Moyen-âge, on peut voir non seulement le travail sur les ponts-levis et les herses, mais aussi de nombreuses meurtrières et fentes pour tirer des flèches, à travers lesquelles les défenseurs pouvaient déverser des pierres, de l’eau bouillante, du sable chaud, de la chaux vive, du goudron fondu ou de l’huile bouillante, et aussi tirer des flèches, contre tout attaquant qui aurait pu se frayer un chemin dans cet espace exigu.

La Cour Intérieure

La cour principale, ou cour intérieure, est dans le style de la Renaissance italienne et son esthétique élégante forme un contraste frappant avec l’austérité sévère des Façades Est et Sud.

Elle est recouverte de dalles de granit et pavés. Elle est entourée de deux étages de galeries reposant sur une série de colonnes de granit et de calcaire, chacune étant sculptée dans un style différent. Les galeries, autrefois ouvertes, ont été fermées à la fin du 19ème siècle.

Sur le côté Nord de la cour se trouve la tour de l’horloge, datant du 16ème, avec une horloge du 19ème portant une inscription énigmatique, qui signifie :

Toutes blessent, une seule tue. Pensez à la dernière.

La galerie du rez-de-chaussée, qui entoure la cour, permet de pénétrer dans un large réseau de caves, dans la tour connue comme le Donjon, et la Grande Cuisine.

La Galerie des Pages 

L’entrée dans la partie résidentielle du château se fait par un escalier partant de la cour, gardé par deux lions couchés, sculptés dans du marbre au début du 15ème siècle, et ensuite par un élégant portail gothique qui mène dans la Tour de l’Horloge, qui date du 14ème siècle.
Ceci mène ensuite à l’escalier en spirale qui monte dans la Tour de l’Horloge, mais au premier niveau nous pénétrons dans une large galerie connue sous le nom de Galerie des Pages. Etant donné qu’elle donne au sud, la Galerie des Pages est légère et aérienne ; un endroit parfait pour exposer des pièces de tapisserie et objets d’arts de la Renaissance provenant de la collection familiale.

La plupart de ces objets, avec le mobilier qui les accompagne, illustrent et soulignent les étroites relations aristocratiques qui ont historiquement lié la famille Bonneval avec les familles régnantes du Moyen-âge et de la Renaissance en France, soit directement soit par mariage. Cela souligne également leur rôle important en politique, dans le domaine militaire et dans l’Eglise.

Le Salon à Musique

Cette pièce agréable est aussi nommée Salon d’Hippolyte, d’après Hippolyte de Bonneval (1786-1873).

Le Salon de Musique est une des pièces de réception qui provient de la restauration, au 18ème siècle, de toute l’aile ouest et de la façade du château. Comme son nom l’indique, c’est là que l’orchestre de chambre s’installait pour jouer la musique qui accompagnait la soirée de l’autre côté des portes, dans le Grand Salon.

Le mobilier et les objets qui s’y trouvent sont d’époque Louis XVI ; ils représentent des exemples de travaux des plus grands artistes et artisans de l’époque ; par exemple Sené.

Le Grand Salon

Le Grand Salon est la pièce de réception la plus grande du château, et elle résulte de la transformation, au 18ème siècle, de toute l’aile ouest du château, transformation entreprise par Brousseau. Les grandes fenêtres du salon donnent directement sur la Terrasse des Lions.

Cette pièce est également connue sous le nom de Salon Europe, d’après la remarquable peinture du plafond, représentant l’Enlèvement d’Europe par Jupiter, attribuée à François Boucher (1703-1777). Boucher est considéré comme le principal peintre de style Rococo au 18ème siècle, il était le peintre préféré de sa protectrice, Madame de Pompadour. Cette peinture d’Europe est un bon exemple de son talent, elle déploie toutes les caractéristiques qui l’ont rendu célèbre : de voluptueuses femmes, posant dans des décors idylliques, classiques ou allégoriques.

L’exquis panneau gris blanc, sculpté dans de l’or, est l’œuvre des maîtres charpentiers Philippe-Joseph Pluvinet et son fils Louis-Magdeleine Pluvinet. Il est intéressant de remarquer que la peinture originale n’a jamais été retouchée, elle est aussi fraîche qu’elle l’était à la fin du 18ème siècle.

Deux des peintures les plus intéressantes dans cette suite de pièces sont les portraits de femmes qui ont joué un rôle important dans l’histoire de la famille Bonneval : Mademoiselle Charlotte Elizabeth Aïssé (1694-1733) et sa fille, Célinie Le Blond. La petite-fille d’Aïssé, Marie-Denise de Nanthiat, épousa ensuite André de Bonneval en 1760.

Le Salon de Diane

Cette petite pièce de réception, qui est le pendant du Salon à Musique à l’autre bout du couloir, est nommée ainsi d’après Diane de Poitiers (1499-1566). C’était une belle dame noble, de bonne éducation, raffinée, elle avait une grande influence à la Cour de François Premier et de son fils, Henri II. Elle devint célèbre quand Henri II choisit de participer à une joute sous ses couleurs à elle plutôt que celles de son épouse, Catherine de Médicis, cousine de Diane.

La cheminée dans ce salon fut construite à partir de la tête de lit de Diane. Diane était la maîtresse d’Henri II, on peut apercevoir son monogramme « H&D » sur la chéminée. Diane se pensait l’incarnation de Diane, l’ancienne déesse de la chasse, et de la lune. Elle choisit par conséquent pour son blason un croissant de lune, qui peut également être observé, gravé de chaque côté de la cheminée.

Le reste du mobilier est d’époque Louis XIII, donc début 17ème siècle, et la tapisserie autour de la porte est une tapisserie de la Manufacture Royale de Beauvais, également du 17ème siècle.

La salle à manger

Elle est aussi connue sous le nom de Salle d’Alexandre. Cette pièce a également bénéficié des travaux de restauration au 18ème siècle, organisés par Brousseau. Cependant elle contient toute une gamme de meubles, depuis la table massive d’époque d’Henri II, avec les chaises assorties, en passant par les meubles classiques Louis XIII et la tapisserie des Flandres du 17ème siècle, jusqu’aux œuvres d’arts et décoration de table contemporains ; tout cela illustre le fait que cette pièce est encore utilisée au quotidien par la famille Bonneval.

Une curiosité intéressante : le chauffage frontal en marbre du 18ème siècle. Le feu est allumé depuis le couloir des domestiques situé derrière, et une fois allumé on ferme la porte en fonte et la chaleur est dirigée dans la pièce par des ouvertures aménagées dans la façade en marbre.

La Chapelle

Quelques marches d’escalier au bout du couloir vous conduisent à l’exquise chapelle familiale. Elle se trouve juste au dessus de l’entrée principale de la tour carrée, au centre du mur Ouest. Bien que la chapelle ait été consacrée en mai 1835 par l’Evêque de Limoges, on peut voir la date de 930 gravée dans la maçonnerie de la chapelle. On pense que cette date est celle de la fondation du château originel.

Deux anges de la Renaissance Italienne figurent sur les piliers. Deux anges plus grands des deux côtés de l’autel sont attribués à Edmé Bouchardon (1698-1762) ; sculpteur du Saint-Siège et ensuite de la cour de Louis XV, il était considéré comme le plus grand sculpteur de son époque.
Le font baptismal est une magnifique œuvre en marbre remontant au règne de Louis XIV. Contrastant fortement avec ce style romantique de la Renaissance Française, on trouve des exemplaires de statues plus primitives provenant du Brésil. Cela comprend des statuettes en bois polychrome du 18ème siècle et une statue de la sainte patronne du Brésil, Nossa Senhora de Aparecida, vêtue de velours bleu incrusté de pierres semi-précieuses. Elles ont été apportées par la Marquise actuelle et la Marquise Douairière, toutes deux brésiliennes.

L’INTÉRIEUR DU CHÂTEAU – DEUXIÈME ÉTAGE ET GRENIER

La cage d’escalier de la Tour de l’Horloge nous mène à présent au deuxième étage, qui contient les suites privées et les chambres à coucher des membres de la famille, passés et présents. On remarque immédiatement le changement d’atmosphère, passant des pièces d’apparat magnifiquement ornées, utilisées traditionnellement pour des réceptions officielles, à des suites à usage plus intime et familial. Ces appartements sont tous reliés à ce qu’on appelle la Galerie des Ancêtres.

La Galerie des Ancêtres

Le nom de la galerie devient évident dès qu’on y pose le pied : elle accueille la majorité des portraits de la famille Bonneval, y compris les photos de mariage des Marquis et Marquise actuels, des parents et grands-parents du Marquis.

Quelques exemples de portraits remarquables :

Germain de Bonneval, tué à la bataille de Pavie (1525) en protégeant son roi, François Premier.

Gaston de Foix, Roi de Navarre, tué à la bataille de Ravenne à l’âge de 23 ans. Sa cousine, Marguerite de Foix, épousa Antoine de Bonneval en 1471.

Les fils de Marguerite et Antoine de Bonneval : Jean de Bonneval, Foucault de Bonneval et Germain de Bonneval.

Timoléon de Bonneval (1845-1939), Bailli Grand Croix et Président de l’Ordre de Malte de 1914-1939.

On y trouve d’autres exemples de gravures, meubles, tapisseries de la Renaissance.

La Chambre du Roi

C’est la chambre où Henri, Prince de Navarre (1553-1610), alors âgé de 16 ans, passa la nuit d’avant la bataille de La Roche L’Abeille (25 juin 1569). Ce jeune prince Henri devait devenir Henri III de Navarre et par la suite en 1589 hériter du trône de France de son beau-frère, Henri III, resté sans enfants, sous le nom de Henri IV, roi de France (1589-1610). Suite à cela Henri IV intégra la Navarre autrefois indépendante dans le Royaume de France, fondant ainsi en 1620 la nouvelle dynastie régnante des Bourbons.
Bien que né dans la religion catholique romaine, il fût élevé dans la religion protestante par sa mère, Jeanne d’Albret, Reine de Navarre. En tant que huguenot Henri fut profondément impliqué dans les nombreuses guerres de religion entre 1562 et 1629.

La bataille de La Roche L’Abeille fait partie de la 3ème guerre de religion, elle a suivi la bataille de Jarnac (13 mars 1569). Les huguenots effectuaient une poussée depuis Nexon en direction du Périgord quand ils furent bloqués par l’armée royale catholique qui occupait Saint-Yrieix la Perche. A cette époque la famille Bonneval était du côté des huguenots, et Gabriel de Bonneval (1520-1590) était commandant de l’armée huguenote et le maître à penser du jeune Henri. L’issue de la bataille donna la victoire aux armées huguenotes.

La chambre est meublée luxueusement, elle contient un lit aux sculptures élaborées, un buste d’Henri IV et deux colonnes avec le H et la couronne royale au sommet des deux. On y trouve une gravure de la bataille ainsi que deux tapisseries d’Aubusson portant les armes royales de France et de Navarre.

On y trouve aussi deux portraits de famille. L’un est le Marquis César Phoebus de Bonneval, le frère aîné du célèbre « Bonneval Pacha ». César était le dernier marquis de cette branche de la famille car son fils n’a eut que deux filles. Etant donné que le titre se transmet par les hommes, il passa donc à son cousin, André de Bonneval, dont on peut voir le portrait.

La Chambre du Pacha

C’était la chambre où est né Claude-Alexandre, Comte de Bonneval (1675-1747). Il eut une carrière militaire haute en couleurs et controversée. Il finit par être au service de l’Empire Ottoman ; il se convertit à l’Islam et prit le nom de Humbaraci Ahmet Pasha ; il est plus connu sous le nom de « Bonneval Pacha ».

Sa chambre à coucher contient plusieurs objets de souvenirs, parmi lesquels un portrait de sa femme, Judith-Charlotte, Comtesse de Bonneval, née de Gontaut Biron (1694-1741), avec laquelle il ne vécut que dix-sept jours.

Autres suites et chambres

De nombreuses autres suites et chambres privées partent de la Galerie des Ancêtres. On note une innovation particulièrement excentrique : presque toutes les chambres ont une salle de bains installée dans l’épaisseur du mur, souvent dissimulée sous l’aspect d’une garde-robe. Ces améliorations domestiques ont toutes été effectuées en 1925 par les grands-parents de l’actuel Marquis.

LES ARCHIVES BONNEVAL

Cette pièce réellement extraordinaire contient les archives du château. Plus de 30 000 documents y sont répertoriés et conservés dans des tiroirs et meubles conçus spécialement à cet effet. Ils retracent l’histoire de la Maison Bonneval de 1055 à aujourd’hui, en latin et vieux français.
Le mur du fond présente un autre trait d’importance romantique et historique unique. Il s’agit de l’arbre généalogique des Bonneval, qui part du Chevalier Gerault de Bonneval, le premier Bonneval pour qui nous avons un prénom et une signature, et la date de 1055. Une magnifique œuvre d’art qui illustre presque 30 générations d’histoire non interrompue. Il est intéressant de noter qu’un arbre généalogique illustrant le deuxième millénaire de l’histoire des Bonneval commencera lui aussi par un « Géraud de Bonneval », l’actuel Marquis !

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